Activités de l’ADQ lors du Congrès de l’ACFAS en mai 2005

Activités de l'ADQ lors du Congrès
Activités de l’ADQ lors du Congrès

Prochain colloque de l’ADQ

Depuis la fin du « baby boom » qui a suivi la fin de la seconde guerre mondiale, les pays les plus développés affichent une croissance démographique lente qui tôt ou tard fera place à une croissance négative. Parallèlement, ils présentent un vieillissement démographique, englobant à la fois une réduction de la part des jeunes et une augmentation de la part des aînés. Un tel déclin démographique est appelé à se poursuivre même si, dans un futur plus ou moins rapproché, les taux de fécondité devaient enregistrer un retournement que par ailleurs tous les spécialistes s’accordent à juger bien improbable. Cependant, cette évolution ne s’inscrit pas de manière homogène dans l’espace car certaines régions, les régions centrales, vont continuer à croître plus longtemps tandis que d‘autres, les régions périphériques, vont commencer à décroître bientôt si elles ne l’ont pas déjà fait.

Ainsi, selon la dernière mise à jour des perspectives démographiques de l’ISQ, la population du Québec commencera à décroître d’ici à un quart de siècle. Dans les régions, la tendance est la même, mais le moment du retournement de la croissance arrivera plus ou moins tardivement. D’ici 2026, la croissance démographique va se poursuivre dans les RMR de Gatineau, Montréal et Sherbrooke et, dans une moindre mesure, dans le reste des régions administratives qui les englobent. À côté de cela, les régions périphériques dont certaines sont déjà en déclin vont se dépeupler et, qui plus est, la RMR de Québec et ses proches régions vont s’approcher dangereusement du point de retournement.

Dans le même temps, le vieillissement inéluctable de la population du Québec va se poursuivre. Déjà la réduction relative des jeunes est observable dans toutes les régions et bientôt l’augmentation relative des aînés ne souffrira plus d’exception. De plus, parmi la population en âge de travailler, le segment des plus jeunes et celui des plus âgés sont susceptibles de suivre des évolutions divergentes et ainsi de mener à des renouvellements difficiles de main d’œuvre (particulièrement en Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent et la Mauricie).

Naturellement, la sous-fécondité chronique enregistrée à travers tout le Québec depuis les années soixante-dix affecte, plus ou moins de la même manière, l’ensemble des régions du Québec. Aussi, les différentiels d’évolution entre les régions, en particulier entre les régions centrales et périphériques, s’expliquent par l’apport inégal à la croissance démographique des régions :

de l’immigration internationale qui tend à se concentrer dans la région montréalaise
de la migration interne qui, au jeu à « somme nulle » de la migration intraprovinciale » tend à favoriser les régions centrales au détriment des régions périphériques mais aussi
de l’accroissement naturel qui tend à décroître plus rapidement dans les régions périphériques que dans les régions centrales en raison d’un vieillissement plus rapide de la structure d’âge induit par les migrations, en particulier celles des jeunes, des premières vers les secondes.
Ainsi si la stabilisation des taux de fécondité à des niveaux peu élevés constitue une « toile de fond » commune à l’évolution démographique présente et future des régions, ce sont plutôt les migrations qui nous interpellent ici. Sans nul doute, celles-ci sont liées à la tertiarisation de l’économie ayant suivi les Trente Glorieuses qui fait que l’emploi ne croît plus dans les mono-industries (industries forestières, alumineries, pâtes et papier) qui le plus souvent sont le fait des régions périphériques alors que l’emploi continue à croître dans les services aux entreprises et aux particuliers établis à Montréal et dans les autres grandes villes centrales. Aussi, afin de négocier au mieux le déclin démographique déjà amorcé, importe-t-il aux régions de soigner leur capacité à attirer de nouveaux résidents en provenance de l’extérieur comme de l’intérieur du Québec mais aussi de conserver leurs résidents actuels, en particulier les jeunes. Ce qui les amène les régions à se pencher sur :

leur développement économique et, en particulier pour les régions périphériques, à vouloir mettre en œuvre une diversification de leur structure économique, seule solution à la stagnation des mono-industries du passé ainsi que
le maintien de conditions de vie adéquates, en garantissant l’accès aux services d’éducation à une population de jeunes de plus en plus faible ainsi que l’accès aux services de santé à une population âgée de plus en plus nombreuse.
Mais ces questions ne concernent pas uniquement les gouvernements locaux (municipalités et MRC) mais également les gouvernements fédéral et provincial. Ainsi, certaines régions, en particulier rurales, n’ont pas toujours les moyens d’assurer leur propre développement (d’où la nécessité de poursuivre une politique d’aménagement rural à l’échelle de la province). De plus, la recherche de nouvelles activités économiques met les régions en compétition directe et il importe donc de coordonner leurs efforts dans le cadre d’une politique d’aménagement du territoire. Finalement, il importe à travers tous ces développements de maintenir les conditions d’une certaine équité sociale entre les régions.

Programme envisagé (structure, thématiques, types d’activités)

Le colloque qui se tiendra sur une journée et demie se déroulera entièrement en plénière. Il débutera par une conférence d’ouverture prononcée par un éminent universitaire étranger qui sera suivie de trois séances de communications faisant une large place à la discussion, avant de se terminer par une table ronde. Un comité scientifique, responsable du contenu de colloque, est composé de : Robert Bourbeau de l’Université de Montréal, de Pascale Beaupré de Statistique Canada, de Serge Côté de l’UQAR, de Hervé Gauthier, de l’Institut de la statistique du Québec, de Madeleine Gauthier, Marc Termote et Jacques Ledent de l’INRS Urbanisation, Culture et Société, et de Marc Tremblay et Hélène Vézina de l’UQAC. Le comité procèdera à l’invitation de conférenciers bien qu’un appel à communications soit lancé.

Programme provisoire (21 janvier 2005) Mercredi 11 mai 2005

Conférence d’ouverture Prospective régionale en l’absence de vitalité démographique : un nouveau défi pour l’aménagement des territoires des pays les plus développés

Pierre-Jean Thumerelle, professeur émérite, UFR de géographie, Université des sciences et technologies de Lille, France

Pause Séance 1 : Les constats

L’avenir démographique régional et l’offre de main-d’œuvre
Esther Létourneau, Normand Thibault et Chantal Girard , ISQ
La migration interrégionale au Québec : tendances récentes et impacts futurs
Chantal Girard, Dominique André et Normand Thibault , ISQ
Nouvelle vue sur la géographie de la population en région périphérique: le cas du Saguenay-Lac-Saint-Jean Magella J.-Gauthier et Carl Brisson, UQAC L’Estrie, une région en croissance démographique : aspects économiques et sociaux Jacques Bernard, Emploi-Québec, Estrie
Dîner

Séance 2: Éléments communs de l’avenir des régions Les tendances de la restructuration spatiale de l’économie québécoise Mario Polèse et Richard Sheamur, INRS UCS Migrations et population en âge de travailler à partir d’une enquête auprès des 20 – 35 ans Serge Côté, UQAC, Madeleine et Gauthier, INRS UCS
Santé et disponibilité des services de santé Robert Choinière, Institut national de santé publique
À confirmer
Séance 3 : La diversité des problématiques régionales : les expériences mises en place afin de contrer ou mieux composer avec la nouvelle évolution démographiqu e

La capitale nationale du Québec pourra-t-elle maintenir sa place sur l’échiquier démographique du Québec Georges Letarte, consultant La stratégie MigrAction Patrick Girard, Regroupement Action Jeunesse 02 Expériences favorisant le retour des jeunes en régions périphériques
Patrice Leblanc, UQAT À confirmer Pause

Table ronde : Enjeux et programmes politiques liés à l’avenir démographique des régions Modérateur : Marc Termote, professeur, INRS UCS

Lawrence Desrosiers, Développement Économique et Régional Québec
Hervé Duff, Développement Économique Canada Marc-Urbain Proulx, UQAC Michel Ringuette, UQAR (à confirmer)

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